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L’intelligence artificielle Lucie a officiellement été lancée ce jeudi 23 janvier. Conçue par l’éditeur français Linagora, en partenariat avec le CNRS et avec le soutien de l’État, cette IA a pour mission d’accompagner l’éducation et la recherche. Cependant, en seulement trois jours, la plateforme a été mise hors ligne après une vague de critiques.
Une IA adaptée pour le monde éducatif, courant 2025
Le 23 janvier dernier, le compte X d’Éduscol dédié aux Lettres, annonçait que la première version de Lucie, « devrait être adaptée pour le monde de l’éducation courant 2025 ». Développée comme le « premier modèle d’IA générative français open source », Lucie a été pensée pour répondre aux besoins des enseignants et des chercheurs en leur proposant un outil innovant et collaboratif.
Mais les premiers retours d’utilisateurs, principalement des enseignants, ont mis en lumière les limites de cette lA. Erreurs flagrantes, réponses incohérentes ou décalées… Ces dysfonctionnements ont démontré que Lucie, encore au stade expérimental, n’était pas prête à être intégrée dans le quotidien des enseignants.
#IA générative | #LLM
— éduscol Lettres (@eduscol_lettres) January 23, 2025
L’accès à la première version de #LUCIE est ouvert au public en test pour une durée d’1 mois. Cette IA #opensource développée par @linagora et @openllm_france devrait être adaptée pour le monde de l’éducation courant 2025.
https://t.co/97JmLJhTOm pic.twitter.com/8klHOxOsTJ
Un faux départ
Dès ses premières utilisations, Lucie a multiplié les réponses incohérentes, évoquant des « œufs de vache », réalisant des calculs faux, ou encore, attribuant à des figures historiques des faits totalement inventés. Ces erreurs n’ont pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux, où enseignants, chercheurs et internautes se sont moqués de cette intelligence artificielle censée être fiable et précise. Certains post humoristiques, largement relayés, ont mis en lumière les difficultés de Lucie.
Ah. https://t.co/xXX4espgju pic.twitter.com/ftQrlVJXWg
— Rachid l'instit (@rachidowsky13) January 25, 2025
Les americains n’ont qu’à bien se tenir avec leur projet stargate. Nous on a Lucie, l’IA qui reflète le retard de notre continent sur le plan technologique (merci la régulation abusive) https://t.co/ok8rF92Npf pic.twitter.com/Y06OB9KA9r
— iMatthieu △ (@iMatthieu87) January 25, 2025
Repenser le fonctionnement de Lucie
Face à ces critiques, les fondateurs de l’intelligence artificielle ont pris la décision de suspendre temporairement la plateforme afin de corriger les erreurs et de repenser son fonctionnement. L’entreprise a précisé que Lucie est « avant tout un projet de recherche académique visant à démontrer les capacités à développer des communs numériques d’IA générative« . De plus, elle déclare qu’ « à ce jour, aucun travail spécifique n’a été réalisé avec l’Éducation Nationale pour personnaliser ou adapter le modèle à un usage éducatif ».
Le directeur général de la plateforme avoue avoir fait plusieurs erreurs. « Nous avons fait l’erreur de mettre à disposition (Lucie) dans l’état », sans préciser qu’il ne s’agissait pas d’un robot « prêt à l’emploi » mais plutôt d’un « projet de recherche ». De plus, « tous les systèmes d’intelligence artificielle disposent de garde-fous », « Notre deuxième erreur a été de mettre à disposition Lucie sans ces garde-fous » déclare-t-il. Pour le moment, aucune information n’a été communiquée concernant l’avenir de Lucie.
Le titre est mensonger, comme beaucoup de fausses informations répandue par la presse au sujet de Lucie.
Lucie n’est pas « l’IA française destinée à l’éducation ».
C’est un modèle de base, qui vient d’être partagé, et qui est la première étape d’une plateforme IA destinée à l’éducation, un projet qui vient à peine de commencer (lancement mardi 21 janvier 2025, avec la convention encore en attente d’être signée).
Luchie Chat était certes une erreur de communication de taille, faisant croire au public qu’il s’agissait d’un « produit fini », que les gens veulent comparer à ChatGPT, DeepSeek…
Aussi Lucie, c’est uniquement quelques ingénieur(e)s à mi-temps pendant un an… Le travail collaboratif d’enrvergure commence à peine, pour en faire des LLMs fiables dans plusieurs domaines.
C’est malheureux qu’un projet audacieux et aussi ouvert d’IA française voit ce genre d’accueil par un public mal informé. D’autant plus que les mauvaises informations autour du buzz semblent être pouvoir re-utiliser à des fins politiques.
Je suis un des principaux contributeur du modèle Lucie-7B, et ni moi ni aucun de mes collaborateurs ingénieurs n’ont été contacté par des journalistes pour avoir des éléments factuels sur cette histoire qui a pris des proportions ridicules.