6500 élèves français ont passé le test au printemps 2025. Image : Getty

Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés ce mardi 8 septembre, constatent une baisse du niveau générale des élèves. Si la France se situe globalement dans la moyenne de l’OCDE, ses scores reculent en lecture et en mathématiques, tandis qu’en sciences elle fait seulement jeu égal avec la moyenne internationale. Le ministre de l’Éducation nationale a réagi sur X, déclarant que ces résultats étaient une « alerte collective ».

L’enquête PISA, menée tous les trois ans par l’OCDE depuis 2000, évalue les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Cette édition 2025, qui portait principalement sur les sciences, a été réalisée dans 91 pays et régions. Au total, 768 000 élèves ont passé le test au printemps 2025, parmi eux, 6500 Français.

La France occupe la 27e place sur les 91 pays et régions évalués. Elle se classe 24e en sciences, 25e en compréhension de l’écrit et 31e en mathématiques. Point inquiétant, la France apparait comme inégalitaire au vue de ses résultats. Les élèves les plus favorisés obtiennent en sciences des résultats supérieurs de 100 points à ceux des élèves les plus défavorisés, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.

Les sciences : une maigre consolation

Dans le détail, la France obtient 483 points en sciences, soit un score légèrement supérieur à la moyenne de l’OCDE (482 points). De plus, les élèves français déclarent d’ailleurs prendre particulièrement plaisir à apprendre les sciences : 71% se disent intéressés par le sujet, soit le taux le plus élevé de l’OCDE (61% en moyenne).

Ils accordent également une forte valeur à la démarche scientifique. 88% d’entre eux estiment qu’une information doit être vérifiée auprès de plusieurs sources fiables avant d’être validée. Enfin, ils sont davantage à espérer exercer un métier scientifique (32% en 2025 contre 27% en 2015). Cependant, malgré une moyenne qui reste stable, le domaine des sciences est en recul par rapport à 2015.

Des résultats en baisse en lecture et en mathématiques

En revanche, elle se situe en dessous en compréhension de l’écrit, avec 456 points contre 461 pour l’OCDE. Pour Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE, les élèves en France, comme dans beaucoup de pays, auraient beaucoup de difficultés à répondre aux questions. Des questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), ainsi que de la concentration.

Les mathématiques sont également en dessous de la moyenne de de l’OCDE, avec 458 points contre 463.Ces résultats en mathématiques confirment ainsi le recul déjà constaté lors de l‘évaluation de 2022. De plus, ils sont les plus bas enregistrés dans la discipline en plus de 20 ans.

Interrogé par le Figaro, Grégory Boublil, professeur de mathématiques en classes préparatoires ECG, alerte sur une autre réalité : la disparition progressive des meilleurs élèves. Ce phénomène serait la conséquence de décisions démagogiques et contre-productives. Selon Gregory Boublil, cela aurait entrainé une baisse de niveau des très faibles (16,6 % en 2003 à 36 % en 2025) mais également des très performants (15,1 % en 2003 contre 5 % en 2025).

Manque d’enseignants et parents peu présents

Autre enseignement : les conditions d’apprentissage continuent de peser sur les résultats. En 2025, 45 % des élèves français étaient scolarisés dans un établissement confronté à un manque d’enseignants. C’est moins qu’en 2022 (67 %), mais toujours plus que la moyenne de l’OCDE (39 %). Ces chiffres sont d’ailleurs confirmés par une enquête récente du Snes-Fsu, selon laquelle deux tiers des établissements manquaient d’au moins un personnel le jour de la rentrée.

L’implication des parents dans le suivi scolaire serait en recul ( 48 % des parents investis contre 62% en 2022). Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a promis des mesures dès les prochaines vacances de la Toussaint « tous les parents et les élèves recevront les objectifs d’apprentissage qui correspondent à leur niveau ». Déjà, en février dernier, le ministre de l’Education nationale s’était adressé aux parents, souhaitant une implication personnelle de leur part.

Des usages de l’IA associés à de moins bons résultats

Enfin, l’OCDE observe un lien entre l’usage fréquent de l’intelligence artificielle et des performances plus faibles, notamment en sciences. En France, 37 % des élèves disent utiliser un chatbot d’IA au moins une fois par semaine, contre 46 % en moyenne dans l’OCDE.

Pour Édouard Geffray, l’usage excessif du numérique explique en grande partie la baisse des performances scolaires. Face à l’urgence de la situation, le ministre de l’Éducation nationale veut protéger les temps d’apprentissage. Notamment en interdisant le téléphone portable au lycée, ce qui est désormais officiel depuis le 1er septembre. Mais également porter le combat au niveau national pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Cependant l’usage du téléphone ne semble pas être le véritable problème. Même si la France affiche un temps d’écran élevé, il reste inférieur à la moyenne de l’OCDE. De plus, plusieurs pays performants dans l’enquête PISA déclarent des temps d’activité sur écran plus élevés que la France. C’est notamment le cas de l’Estonie ou la Pologne.