
Les résultats de PISA 2025 sonnent comme un nouveau signal d’alarme pour l’École française. Les performances des élèves de 15 ans reculent en mathématiques et en compréhension de l’écrit par rapport à 2022, tandis qu’elles restent globalement stables en sciences. Plus inquiétant encore, sur dix ans, la proportion d’élèves en difficulté a fortement progressé.
Pour les syndicats, ces résultats ne peuvent être dissociés des politiques éducatives conduites depuis près d’une décennie. L’UNSA Éducation et la FSU-SNUipp dressent un bilan particulièrement sévère des réformes successives et réclament un changement de cap.
L’UNSA appelle à « changer de méthode«
L’UNSA Éducation voit dans PISA 2025 la preuve de « l’inefficacité des politiques gouvernementales dans la durée ». La fédération relève notamment que le recul enregistré entre 2022 et 2025 est plus important en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE en compréhension de l’écrit comme en mathématiques.
Elle s’alarme surtout du poids persistant des inégalités sociales : l’écart de résultats entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés atteint 100 points en France, contre 85 en moyenne dans l’OCDE.
Pour l’organisation, ce constat interroge directement la succession des réformes engagées depuis 2017 : multiplication des évaluations standardisées, changements de programmes, réformes du lycée et du collège ou encore « choc des savoirs ». Autant de mesures destinées à relever le niveau mais qui, estime-t-elle, n’ont pas produit les effets annoncés.
L’UNSA Éducation demande donc de « changer de méthode » : sortir de l’accumulation des réformes, associer davantage les personnels aux décisions et inscrire les politiques éducatives dans le temps long.
La FSU-SNUipp dénonce 10 ans de réformes
La FSU-SNUipp porte un jugement encore plus frontal. Le syndicat souligne que les élèves évalués par PISA en 2025 sont ceux qui entraient au CE1 en 2017, au début d’un cycle de réformes qui a profondément marqué l’Ecole. Il y voit le « lourd bilan de dix années de politique éducative ».
La priorité donnée au « lire, écrire, compter », la généralisation des évaluations nationales et le renforcement des prescriptions pédagogiques n’auraient pas permis d’enrayer la baisse des performances. La FSU-SNUipp relève notamment que les progrès constatés en fluence, c’est-à-dire en vitesse de lecture, contrastent avec la forte dégradation de la compréhension. Un résultat qui, selon elle, révèle les limites d’une conception trop étroite des « fondamentaux ».
Le syndicat met également en cause le sous-investissement dans l’école primaire et réclame une baisse des effectifs dans les classes, le renforcement des Rased, davantage d’enseignants et une politique ambitieuse de formation.
Une politique éducative « à bout de souffle«
Sur un point, les deux organisations convergent : l’École française peine toujours à corriger les inégalités sociales, tandis que la succession des réformes a fragilisé les personnels sans parvenir à inverser la tendance sur les apprentissages.
La baisse démographique attendue constitue, selon elles, une occasion de changer de logique. Plutôt que de réduire les moyens au rythme de la diminution du nombre d’élèves, les syndicats demandent d’en profiter pour alléger les classes, renforcer les équipes et mieux accompagner les élèves en difficulté.








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